dimanche, 27 avril 2008

Tous les chemins ne mènent pas à Rome

Après un moment de silence, je reprends ce blog. Merci de votre patience et de votre fidélité, ô lecteurs invisibles, de l'autre côté du miroir. 

Et pour inaugurer la rubrique "Invité", voici le témoignage de Bernadette, qui relate dans quelles circonstances elle a connu la Science Chrétienne.

En 1954, les médias ont souvent parlé des « sans-abri » et du fameux camp de l’abbé Pierre, à Paris. A l’époque j’avais 6 mois, maman était seule avec cinq enfants et cherchait un abri.

Nous avons atterri dans ce camp. Nous avions beaucoup de chance, car au lieu d’être entassés dans les bidonvilles, nous avions pu bénéficier d’une tente de l’armée, privilège accordé aux femmes seules avec des enfants en bas âge.

 

Après ma naissance, les médecins avaient dit à maman qu’elle avait un « cancer à la matrice », de ce fait elle était souvent alitée. C’est donc notre sœur « aînée », alors âgée de quatorze ans, qui s’occupait des quatre plus petits.

 

Au bout de plusieurs mois, une autre de mes sœurs, « sept ans », qui avait des problèmes cardiaques, fut transportée à l’hôpital. D’après ce qu’on m’en a rapporté, la veille de son décès, je faisais mes premiers pas, ce qui la faisait rire aux éclats, chose qui lui était alors totalement interdite par les docteurs. Ma sœur fut opérée sans que maman n’en sache rien, car étant au camp de l’abbé Pierre, il n’y avait pas de moyen de nous prévenir.

 

Lorsque maman alla rendre visite à sa petite, on lui annonça son décès. On imagine ce qui se passa. elle sombra dans un profond chagrin à un point tel qu’elle ne s’occupait plus du tout de ses autres enfants. Voyant maman depuis plusieurs jours dans cet état, un charmant voisin lui proposa de venir écouter la lecture de quelques articles tirés d’un périodique de la Science Chrétienne , car, lui dit-il : « Si cela ne vous fait pas de bien, cela ne vous fera certainement pas de mal ! »

 

Maman se rendit chez lui, mais comme elle me le dit bien des années plus tard : « Je ne comprenais rien à ce qu’il me lisait, car j’étais noyée par le chagrin, puis au bout d’un moment, quelque chose s’est passé, c’était comme un doux sentiment de paix qui m’envahissait, un calme indescriptible. Non, je ne dis pas que je ne pensais plus à ma petite, mais j’ai su que j’allais à présent pouvoir rentrer chez moi et m’occuper de mes enfants. »

 

Je voudrais préciser ici que, bien qu’elle fût souvent alitée, maman avait déjà une grande spiritualité, et la gaieté ainsi que les chants faisaient partie notre quotidien, malgré tout ce que nous avions à surmonter.

 

Huit ans plus tard, alors qu’elle avait passé plusieurs jours au lit sans se lever, maman m’annonça qu’une praticienne de la Science Chrétienne allait venir à la maison. Je lui demandais des précisions sur cette personne, et elle me parla de l’histoire de Jésus et des guérisons qu’il accomplissait. Elle me dit aussi que je pourrais poser des questions à cette dame que j’imaginais comme une sorte de « fée ».

 

Quelques jours auparavant, maman m’avait offert un très joli petit oiseau, « Fifi », un bengali. En vue de le montrer à la praticienne, j’avais entrepris de nettoyer sa cage, dont la porte se fermait automatiquement avec un ressort. Pour que l’oiseau ne sorte pas de la cage, je lâchai la porte, qui se referma sur son aile. Il avait les plumes tout ébouriffées et semblait ne plus pouvoir bouger. Il avait apparemment l'aile cassée.

 

Au bout d’un moment la praticienne sonna en bas de l’immeuble. On habitait à un deuxième étage. J’allais lui ouvrir en descendant les escaliers quatre à quatre. Je lui racontais en bredouillant ce qui venait d’arriver, mais elle me calma très vite par ces mots :  « Ne t’inquiète pas, Dieu t’aime, Il aime ton Fifi, Il prend soin de nous tous. »

 

Je la conduisis jusqu’à la cage et lui montrai l’oiseau immobile. La praticienne me dit de continuer de nettoyer la cage comme si de rien n’était, et c’est ce que je fis. Je repris délicatement l’oiseau dans mes mains et le déposai sur la table de la cuisine avec quelques graines, puis terminai mon ouvrage en prenant soin cette fois d’attacher la porte correctement afin qu’elle reste ouverte.

 

Pendant ce temps la praticienne parlait avec maman dans la pièce à côté. Je me souviens qu’elle l’aida aussi à ranger quelques vêtements déposés sur des chaises. Au moment de partir, elle vint me dire au revoir dans la cuisine et me demanda si je voulais aller le lendemain à l’école du dimanche de la Science Chrétienne. J’étais enchantée d’y aller, surtout lorsqu’elle me dit que j’aurais une monitrice qui me raconterait comment Jésus guérissait les foules et que j’allais apprendre à guérir, moi aussi.

 

En remontant les escaliers j’étais tellement heureuse que j’en avais complètement oublié Fifi. Maman m’appela de la cuisine où elle m’attendait en souriant, tout en me disant, l’index pointé vers la cage : « REGARDE ! ». Debout sur ses deux petites pattes, secouant son magnifique plumage vert, Fifi m’attendait aussi. Tout à coup il prit son envol, fit plusieurs fois le tour de la cuisine et vint se réinstaller sur le bord de sa cage d’où il commença à chanter. Et quand je dis « chanter », ce fut le chant le plus mélodieux qu’il nous fut donné d'entendre, comme pour me dire : « Et alors ! Tu vois comme la vie est belle ! »

 

Ce fut le début d’une grande aventure où je commençais à mettre en pratique ce que j’apprenais à l’école du dimanche, et en lisant la Bible et Science et Santé avec la Clef des Ecritures, le livre de Mary Baker Eddy. Bientôt, maman m’appelait « sa petite praticienne ».

 

Quant à elle, je l’ai vue se transformer moralement, mentalement et physiquement, au fur et à mesure de son étude de la Science Chrétienne , grâce à un changement dans sa façon de penser.

 

Bernadette