lundi, 13 avril 2009
La prière et la mondialisation
A l'heure où politiques, économistes, écologistes et tout grand penseur qui se respecte redéfinissent les défis à relever dans le cadre d'une vision globale du monde, on peut se demander si, du fait de cette interdépendance des pays et des continents, la prière n'est pas appelée à jouer un plus grand rôle sur la planète. On a trop tendance à limiter le pouvoir de la prière à la résolution de problèmes personnels, comme si ces problèmes n'avaient aucun rapport avec ce qui se passe dans le reste du monde.
Face au concept de la mondialisation, on peut même se demander si la notion de « problèmes personnels » a encore un sens aujourd'hui. La crise économique, le chômage et ses conséquences sociale, la solitude affective, le sentiment d'insécurité, les problèmes relationnels, les ennuis de santé, notamment liés au stress et à la dégradation de l'environnement, tous ces maux sont partagés par des millions de gens qui, dans la plupart des cas, ne sont pas responsables de ce qui leur arrive.
C'est pourquoi l'attitude qui consiste à s'abriter derrière ses propres problèmes pour ne pas s'intéresser à ceux des autres perd son sens quand on se rend compte qu'il est impossible de séparer les intérêts d'un individu de ceux de la planète entière.
Je me souviens d'une guérison que j'ai obtenue en priant pour le monde. Je me suis réveillé, une nuit, avec une forte douleur à l'estomac. J'ai voulu prier pour ce que j'appelais « mon problème d'estomac », et puis, très vite, cette autre pensée m'est venue : « Le traitement par la Science Chrétienne consiste-t-il à prier pour le bien-être d'une personne physique ? » J'ai répondu « non », bien sûr, car si la guérison est le fruit légitime de la prière, ce résultat procède naturellement d'une conception spirituelle de l'homme, créé « à l'image de Dieu ».
Pour prendre du recul par rapport à la souffrance physique d'un homme matériel, l'idée m'est venue de prier pour le monde. A l'époque, il était principalement question, dans les médias, de la guerre en ex-Yougoslavie. Mes pensées se sont orientées vers l'Amour divin. Je me suis attaché à reconnaître que l'Amour, Dieu, était en tout lieu le seul Entendement. Cet Entendement protégeait, guidait, consolait, apaisait, réconciliait de façon impartiale, toutes les parties concernées par le conflit, militaires et civils, hommes, femmes et enfants, victimes, bourreaux et fanatiques. J'ai fait ce travail avec joie, et peu à peu, absorbé dans cette prière, j'ai oublié ma douleur. Elle avait disparu.
Dans ce cas précis, bien qu'il n'y ait pas eu de rapport direct entre ma souffrance physique et la souffrance de tout un peuple, le fait de vouloir contribuer, par des pensées spirituelles, à éliminer les haines à la base de cette guerre, a eu une influence directe sur ma santé. Et j'ai pu ainsi constater que prier pour les autres, c'est aussi prier pour soi.
L'inverse est également vrai. Je me suis un jour retrouvé sans travail. Pour résoudre ce problème « personnel », j'ai recouru à la prière et à la lecture de Science et Santé de Mary Baker Eddy. J'ai mieux compris que l'homme n'avait d'autre raison d'être que d'exprimer Dieu, Sa joie, Son amour, Sa justice, Son intelligence, Ses attributs infinis, ce qui était une activité à plein temps ! Deux semaines plus tard, je trouvais un travail qui correspondait à ma formation. Mais comme je m'étais appliqué à reconnaître, dans mes prières, que ce qui était valable pour moi l'était pour tous - et n'était donc en rien « personnel » - je n'ai pas été étonné, peu après, d'avoir l'occasion d'aider une amie à trouver un emploi, puis une autre personne à conserver son poste, alors qu'elle risquait d'être licenciée. La prière pour soi, bien comprise, est une prière pour le monde.
Qui, mieux que Jésus, a su mettre en pratique la vraie prière, pour nous servir d'exemple ? L'une de ses guérisons montre bien cette relation étroite entre l'homme individuel et tous les hommes, entre le « un » et le « tout ». Il s'agit de la guérison des dix lépreux. Comme ils le suppliaient de les guérir, Jésus leur dit d'aller se montrer aux sacrificateurs. Et en y allant « ils furent guéris » (voir Luc 17:11-14). Il est clair que, pour opérer cette guérison collective immédiate, Jésus savait que l'homme idéal, parfait - l'idée Christ ou image de Dieu - était la représentation complète de l'Entendement divin. Cette vue correcte de l'homme générique a rendu possible la guérison instantanée des dix lépreux.
Si l'on croit que la prière est le fait d'individus isolés qui implorent le secours d'un Dieu partial pour eux-mêmes ou les autres, on peut légitimement douter du résultat. Mais si, comme l'écrit Mary Baker Eddy, la découvreuse de la Science Chrétienne, on prie avec « une foi absolue dans le fait que tout est possible à Dieu - une compréhension spirituelle de Dieu, un amour détaché de soi-même » (Science et Santé, p. 1), alors rien n'est impossible.
La Bible parle d'un homme sage, resté anonyme, qui, à lui seul, sauva une ville entière ! (Ecclésiaste 9:14-15) Par la prière, Elisée se rendit maître d'une troupe armée, équipée de chars (2 Roi 6). On trouve de multiples exemples de cette nature dans la Bible ainsi que dans les témoignages de guérison qui paraissent régulièrement dans les périodiques de la Science Chrétienne.
Il y a quelques années, à la suite d'un détournement d'avion, avec prise d'otages, j'ai fini par être excédé d'entendre, heure après heure, les médias nous informer de l'évolution ou plutôt de la non-évolution d'une situation extrêmement tendue, dans laquelle les otages risquaient leur vie. J'avais le sentiment que mon propre univers était attaqué, menacé. Je me suis senti directement concerné par cette situation de violence dont les comptes rendus étaient diffusés en boucle sur les ondes depuis plusieurs jours. J'ai décidé de ne plus accepter une telle situation.
Fermant le robinet des médias, j'ai pris Science et Santé pour y rechercher des passages qui parlaient de paix, non de guerre, d'amour, non de haine. J'avais besoin de défendre le monde dans lequel je vivais, de comprendre que, du point de vue spirituel - le seul réel - c'était un monde sans victimes ni terroristes, où chacun était protégé par l'Amour. Oui, mieux que tous les gilets pare-balles, l'Amour protégeait les otages dans l'avion ; mieux que des liens, l'Amour ceignait les terroristes pour les protéger d'eux-mêmes ; mieux qu'une troupe d'élite, l'Amour apportait la liberté. Il n'y avait, dans cet avion, ni victime potentielle ni terroriste en puissance. Il n'y avait que l'homme parfait, dont l'identité Christ reflétait l'Amour. Vers 2 h et demie du matin, je me suis couché, sûr que Dieu contrôlait la situation. Mon monde intérieur était en paix.
Le lendemain matin, quelques minutes avant 8 h, je me suis réveillé avec cette pensée : allume ta radio. J'ai appris que la moitié des passagers avait pu sortir de l'avion vers 4 h du matin, et l'autre moitié à 7 h, sans la moindre violence. C'était la confirmation de ce que je savais déjà, de ce que j'avais fermement revendiqué en prenant nettement position durant la nuit : l'harmonie du royaume de Dieu.
Dans la mesure où celui qui prie comprend qu'il est « un avec Dieu », le Tout-en-tout, sa prière, conjuguée avec les prières anonymes du monde entier, peut accomplir des merveilles au sein d'une famille, d'une ville ou d'un pays ! Ces prières seront d'autant plus efficaces que ses mobiles seront désintéressés et justes, qu'il laissera le soin à Dieu, la Vérité, de corriger à Sa façon la pensée humaine erronée, qui est à la base de tous les problèmes, et que son comportement au quotidien sera en harmonie avec ses pensées.
Théo
14:10 Publié dans Prié, Vécu | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : prière, mary baker eddy, christ, guérison



Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://penser-agir.hautetfort.com/trackback/2144790
Ecrire un commentaire