samedi, 02 août 2008

La tristesse au pied du mur

« Voici la doctrine de la Science Chrétienne : l’Amour divin ne peut être privé de sa manifestation, de son objet ; la joie ne peut être changée en tristesse, car la tristesse n’est pas maîtresse de la joie ; le bien ne peut jamais produire le mal ; la matière ne peut jamais produire l’entendement, ni la vie aboutir à la mort. L’homme parfait – gouverné par Dieu, son Principe parfait – est impeccable et éternel. » Mary Baker Eddy

C’est le genre de passage que j’aime relire dans des moments où l’humain nous conte une autre histoire. Quand on est séparé, par la mort ou par la vie, d’une personne qui nous est chère, par exemple. « La tristesse n’est pas maîtresse de la joie… » Je crois sincèrement que cela est vrai. Encore faut-il le prouver, le ressentir. Mais pour le ressentir, il faut tout de même commencer par admettre que cela soit vrai ou possible.

La douleur est comme la fascination qu’exerce le serpent hypnotiseur pour se rendre maître de sa proie. Un hypnotiseur peut lui aussi, à des fins thérapeutiques ou dans le cadre d’un spectacle de divertissement, fasciner son patient ou la personne qui dans le public accepte de jouer les victimes consentantes.

Ainsi ai-je lu qu’un hypnotiseur avait fait croire à un homme qu’il avalait une banane après l’autre, alors que le public, voyant qu’il mangeait des bougies, commençait à s’inquiéter pour sa santé. En fin de compte, le public avait lui aussi été hypnotisé : l’homme ne mangeait rien du tout.

Eh bien, quelle qu’en soit la raison apparente, la tristesse est une émotion hypnotique basée sur une croyance à la réalité de quelque chose qui n’est pas. Dieu est la Vie, Dieu est l’Amour, Dieu est l’Esprit. L’homme, qui est l’expression même de Dieu ne peut « en réalité » éprouver aucune sorte de souffrance, puisqu’il n’est jamais séparé de la Vie ni de ceux qu’il aime, hormis dans l’illusion de la croyance à la vie dans la matière.

Radicale, dans son énoncé de la Science Chrétienne, Mary Baker Eddy n’hésite pas à écrire : « Si le chagrin cause la souffrance, convainquez celui qui souffre que l’affliction est bien souvent la source de la joie et qu’il devrait sans cesse se réjouir dans l’Amour toujours présent. »

Ce conseil est dur à avaler. Et pourtant elle sait de quoi elle parle. De sa plus tendre enfance à ses dernières années, les souffrances physiques et morales ne l’ont pas épargnée. Elle est décédée en 1910, elle allait avoir 90 ans. Mais à partir du moment où elle a découvert la Science Chrétienne, sa vie a changé du tout au tout, et elle a su démontrer l’irréalité de la douleur qu’elle considérait désormais comme une suggestion mentale due à l’ignorance, à la crainte, à l’éducation ou à la malveillance. Chaque fois que cette suggestion est revenue en force dans sa vie, elle lui a opposé avec succès sa foi en Dieu et sa connaissance de la Vérité. Et elle a expliqué aux autres comment faire de même dans son livre Science et Santé avec la Clef des Ecritures.

Il est certain que si l’on veut « convaincre », il faut soi-même être convaincu. Et comment peut-on l’être si l’on n’a pas démontré soi-même l’omniprésence de la joie et de l’Amour, synonyme de Dieu.

Le chemin du progrès spirituel passe forcément par là. J’avoue être au pied du mur.

Théo

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