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vendredi, 11 janvier 2008
Simone de Beauvoir et Mary Baker Eddy
On fête ces jours-ci le centenaire de la naissance de l’auteur du Deuxième sexe. Qui saurait mieux défendre la Cause du peuple féminin que les femmes, devant l’égoïsme et l’injustice flagrante des hommes qui ont fait les lois ?
Nous pourrions tous citer des femmes célèbres ou anonymes, dont le talent, les qualités, l’humanité en remontrent à un paquet d’hommes. Mais vouloir en apporter la preuve est une façon d’appuyer lourdement sur l’évidence, comme si les témoignages étaient fragiles. Je m’en abstiendrai donc.
Cependant, il me paraît intéressant de noter que Mary Baker Eddy, la découvreuse et fondatrice de la Science Chrétienne, a été la première femme Leader d’un mouvement religieux à vocation internationale. Une prouesse extraordinaire en plein 19e siècle, au cœur d’une société américaine, puritaine, extrêmement soucieuse de préserver les droits, les avantages et les prérogatives des hommes au détriment des femmes !
Bien avant Simone de Beauvoir, elle écrit dans son ouvrage fondamental, Science et Santé avec la Clef des Ecritures :
« Le code civil établit des distinctions très injustes entre les droits des deux sexes. La Science Chrétienne ne fournit aucun précédent à une telle injustice…
« Nos lois ne sont pas impartiales, pour n’en dire pas plus, dans les distinctions qu’elles font entre les deux sexes, en ce qui concerne la personne, la propriété et les droits des parents… Espérons que le droit de vote sera accordé aux femmes…
« Si un mari dissolu abandonne sa femme, certainement celle-ci, traitée injustement et peut-être réduite à la misère, devrait être autorisée à toucher son propre salaire, à négocier des affaires, à posséder des biens immobiliers, à placer des fonds et à avoir la garde de ses enfants sans craindre aucune intervention. »
Rebelle à son époque « macho », Mary Baker Eddy va même jusqu’à nommer Dieu au féminin d’un bout à l’autre de l’une des éditions revues et corrigées de son livre. Non sans raison, ainsi qu’elle l’explique : « En Science divine, nous ne sommes pas autant autorisés à considérer Dieu comme masculin que comme féminin, car l’Amour donne l’idée la plus claire de la Divinité. »
Elle est revenue par la suite sur ce choix, préférant souligner la nature Père-Mère de Dieu, pour ne pas voir son œuvre réduite à ce seul engagement en faveur des droits des femmes.
Science et Santé s’adresse en effet aux hommes et aux femmes de tous âges, de toutes époques et de tous milieux. C’est un ouvrage métaphysique qui fournit une explication à la fois théorique et pratique de la Vie, de Dieu et de l’homme.
De nombreux livres prétendent nous expliquer aujourd’hui pourquoi les femmes de la planète Vénus et les hommes de Mars ne pourront jamais se comprendre. Mais cette division humaine entre mâle et femelle est une représentation matérielle, tronquée, de la réalité. On peut bien sûr entretenir ce point de vue et prolonger la guerre des sexes en comptant sur les solidarités masculine et féminine pour renforcer nos bataillons respectifs.
Mais soyons alors humainement réalistes jusqu’au bout : on trouve autant d’incompréhension et de mésentente entre hommes et femmes qu’entre hommes ou qu’entre femmes. L’incompréhension n’est pas typiquement affaire de différence de sexes. Les tribunaux et les cimetières en savent quelque chose.
Pour revenir au point de vue métaphysique, si Dieu, en tant que Principe créateur, représente à la fois le Père et la Mère de l’univers y compris l’homme – l’homme qui est Son image et Sa ressemblance –, celui-ci ne peut que refléter les qualités masculines et féminines de Dieu. Non seulement l’homme est inséparable de Dieu, mais l’homme et la femme ne sont qu’une seule et même conscience individuelle dans cette Unicité.
Sur cette base de raisonnement, il devient possible de résoudre tous les conflits et toutes les incompréhensions entre hommes et femmes.
D’un point de vue humain, Simone de Beauvoir a milité, avec force conviction, persuasion et grand talent de plume, en faveur de l’égalité des femmes et des hommes, sans faire la guerre aux hommes pour autant. Mais Mary Baker Eddy, elle, s’est élevée à une hauteur spirituelle pour donner à chacun et chacune les moyens de démontrer dans sa propre existence que nous faisons tous Cause commune :
« Un seul Dieu infini, le bien, unifie les hommes et les nations, constitue la fraternité des hommes, met fin aux guerres, accomplit ces paroles de l’Ecriture : “tu aimeras ton prochain comme toi-même”, annihile l’idolâtrie païenne et chrétienne – tout ce qui est injuste dans les codes sociaux, civils, criminels, politiques et religieux – établit l’égalité des sexes, annule la malédiction qui pèse sur l’homme, et ne laisse rien subsister qui puisse pécher, souffrir, être puni ou détruit. »
Théo
19:00 Publié dans Lu/Vu, Pensé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Spiritualité, littérature, inspiration, prière, christianisme, religion, Dieu



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