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jeudi, 06 septembre 2007

Le vélo, c'est bien aussi

« Mon royaume pour un cheval ! » s’écria Richard III au cœur de la bataille de Bosworth. J’aurais quant à moi donné bien des fois le monde entier pour une place de parking, surtout après avoir tourné comme un derviche pendant un quart d’heure.

Aujourd’hui, à de rares exceptions près (fatigue mentale ou absence de motivation), je n’ai plus aucune difficulté à me garer dans les pires endroits, aux heures les plus fréquentées. C’est un fait.

Il y a peu, j’ai refusé un stationnement chèrement convoité parce qu’il était à une centaine de mètres de l’endroit où j’allais et que j’avais des bagages à décharger. Nulle bravade de ma part, seulement l’assurance de trouver « ma » place. Je me suis garé juste devant l’immeuble.

Une amie m’a téléphoné, il y a quelques semaines : « Je tourne en rond depuis un bon bout de temps, tu peux m’aider ? » Deux minutes plus tard, elle avait trouvé « sa » place.

Difficile de parler d’effet placebo ici - ni de chance, quand le résultat est chaque fois quasi certain. L’amie en question serait-elle un peu « dérangée » pour m’appeler afin que je lui trouve une place à distance ? Promis, je le lui demanderai.

C’est quoi le truc ?

Avez-vous remarqué qu’une femme enceinte voit partout des femmes enceintes ? qu’une personne forcée de marcher avec des béquilles prend conscience du grand nombre d’éclopés autour d’elle ? qu’un autre, hanté par la peur de ne pas trouver une place de parking, arrive toujours trop tard derrière l’impudent qui lui ravit « the place » sous le nez ?

Je pense que nous ne vivons jamais ailleurs que dans notre conscience. Le monde n’est que ce que ma conscience me dit qu’il est, à travers le filtre de mes sens, et il n’est, en définitive, que ce que j’accepte ou redoute qu’il soit.

Je refuse d’accepter que les gens soient partout en compétition, à qui aura la bonne place au détriment des autres. Je refuse d’admettre que je vis dans un monde limité. Je combats ces idées dans ma propre pensée.

A mes yeux, trouver « sa » place dans une rue encombrée est aussi légitime que trouver sa place sur une planète habitée par plus de six milliards et demi d’individus.

Quand je me rends en voiture à tel endroit, je commence par prendre mentalement position. Il ne s’agit pas de « visionner » une place. Cette façon de faire m’est totalement étrangère. J’affirme que je vis dans un univers mental, spirituel, infini (c’est un axiome métaphysique auquel j'adhère), où chacun a sa place, y compris de stationnement ! Et je pars tranquille, confiant, sans plus y penser.

Vouloir troquer son royaume contre un cheval est sans doute très shakespearien, mais prétendre faire rentrer un univers sans limites dans une place de stationnement semblera encore plus audacieux.

Théo 

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