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jeudi, 30 août 2007
La femme à la fenêtre
Vous connaissez « Un jour sans fin » ? J’ai regardé cette comédie au moins quatre ou cinq fois sans jamais m'ennuyer. Comment demeurer insensible au charme d’Andie MacDowell (héroïne de « Quatre mariages et un enterrement ») et à l’impertinence de Bill Murray (« Translation ») ?
C’est l’histoire d’un monsieur météo blasé et imbu de lui-même qui, pour une finalité rédemptrice, ne cesse de revivre tous les jours la journée de la veille. Prisonnier du temps, il est.
Cette drôle de mésaventure n’est pas sans me rappeler un fait rapporté, il y a bien longtemps, par le Lancet (qui signifie bistouri). Le Lancet est une revue médicale de grand renom fondée en Angleterre en 1823.
Une jeune femme perdit la raison et toute notion de temps à la suite d’une rupture sentimentale. Elle allait chaque jour à la fenêtre pour guetter l’arrivée de son fiancé. Jusque-là rien d’anormalement anormal, si l’on peut dire. Sauf qu’à soixante-quatorze ans, toujours selon le Lancet, elle en paraissait vingt. La chanceuse !
Elle revivait sans cesse, corps et âme, ce jour fatal où s’était arrêtée sa vie. Comme elle n’avait plus conscience des années qui s’écoulaient, le temps glissait sur elle façon eau de jouvence. Son état physique dépendait totalement de son état mental. Sans le savoir, elle avait ouvert la prison du temps.
Miss Réalité, une fois de plus, télescope Miss Fiction.
Le cas de cette personne restée jeune à plus de soixante-dix ans est sans doute unique. Mais ce qui est impossible n’arrive jamais. Et ce qui est possible une fois pourrait peut-être se reproduire sans que l’esprit soit mentalement perturbé pour autant. La question mérite d'être posée.
D’un point de vue matériel, on sait aujourd’hui que le corps recèle des « cellules souches » capables de remettre à neuf certains organes endommagés par le temps. Des cellules souches adultes sont déjà utilisées pour soigner des patients souffrant de déficiences cardiaques. Les chercheurs aimeraient pouvoir un jour soigner de cette façon les dégénérescences du cerveau.
Cette jeune femme n’a pourtant eu besoin d’aucune intervention médicale, d’aucun recours à la chirurgie plastique, d’aucune crème régénératrice pour conserver cette jeunesse anachronique. Pour dire les choses telles qu’elles sont, elle a seulement refusé radicalement, et hors de toute rationalité, de perdre l’amour de sa vie. Elle a remis en scène jour après jour, année après année, l’attente du fiancé.
On reconnaît depuis longtemps l’influence de la pensée sur le corps… dans une certaine limite. Le cas de cette personne dépasse largement les limites posées.
Il ouvre la voie aux possibilités infinies de la pensée, lorsque celle-ci refuse l’inéluctable et se met en attente d’un bonheur éternel. Pour le dire avec d’autres mots, je retrouve ici la quête spirituelle de ceux qui croient à l’éternité. Se pourrait-il que ce « royaume céleste » soit à la portée de notre conscience, ici même, et que la pensée spirituelle, autrement plus puissante que la matière ou un mental déséquilibré, en soit le véritable révélateur ?
Andie, tu devrais peut-être arrêter la publicité pour les crèmes.
Théo
00:30 Publié dans Pensé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Spiritualité, inspiration, réflexions



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